Écosystème PME

FEC-OGEFREM : quel accord pour quel avenir des opérateurs économiques congolais ?

La Fédération des entreprises du Congo et l'Office de Gestion du Fret Multimodal ont officialisé, vendredi 16 octobre 2026, un partenariat de trois ans. Le protocole d'accord, signé par Robert Malumba Kalombo, Président National de la FEC, et Olivier Tshibola Mukuma, Directeur Général de l'OGEFREM, entend remplacer les échanges ponctuels par un dialogue régulier entre le secteur privé et l'établissement public.

Olivier Tshibola Mukuma, DG de l'OGEFREM et Robert Malumba Kalombo, Président National de la FEC
Olivier Tshibola Mukuma, DG de l'OGEFREM et Robert Malumba Kalombo, Président National de la FEC

Deux instances pour structurer la concertation

Le texte crée le Cadre permanent de concertation FEC-OGEFREM, qui repose sur deux organes. Une instance de gouvernance, coprésidée par les deux responsables ou leurs représentants mandatés, se réunira chaque trimestre pour fixer les orientations, examiner les dossiers majeurs et valider les recommandations. Une instance technique, chargée d'analyser les problèmes et de suivre les décisions, siégera au moins une fois par mois.

Les deux parties se partagent les rôles : la FEC recueille et transmet les préoccupations de ses membres, l'OGEFREM les examine « dans les meilleurs délais » et apporte les réponses relevant de sa compétence. Le cadre doit permettre d'identifier les blocages administratifs, juridiques, techniques et opérationnels, de simplifier et dématérialiser les procédures, et de réduire les coûts et délais logistiques.

La FEC attend des actes

Du côté patronal, le message est celui de la proximité. Robert Malumba veut que les opérateurs perçoivent l'OGEFREM comme un interlocuteur accessible : ils doivent considérer que l'Office « est notre partenaire » et pouvoir venir lui parler pour trouver une solution plus directe, a-t-il déclaré à la clôture de la cérémonie.

Il a aussi mis en garde contre le risque d'un accord resté symbolique. « C'est un fait qu'on a signé, mais il faut qu'on apprenne ça par les actes », a-t-il averti. Rappelant l'interdépendance des deux institutions, il a estimé que l'OGEFREM existe aussi grâce aux opérateurs économiques. « On est obligés de marcher la main à la main », a-t-il affirmé.

L'OGEFREM revendique une « nouvelle ère »

Pour Olivier Tshibola, la signature représente « un moment historique dans la collaboration entre nos deux institutions ». Elle « ouvre une nouvelle ère de notre partenariat », a-t-il ajouté, y voyant la traduction d'une volonté commune de renforcer le dialogue public-privé.

Le Directeur Général a inscrit la démarche dans la vision du chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, axée sur l'amélioration du climat des affaires et le dialogue avec les forces économiques. Il a présenté l'accord comme une initiative d'une ampleur inédite en 46 ans d'existence de l'Office, et souhaité des résultats concrets pour les importateurs et exportateurs, quel que soit le mode de transport. Parmi les pistes évoquées figurent le développement et la valorisation des plateformes logistiques, afin d'améliorer la fluidité des flux de marchandises et la compétitivité des corridors.

Que peut-on attendre de cette signature ?

En RDC, la logistique est un facteur décisif de compétitivité. Les marchandises transitent par des corridors longs, souvent dépendants de plusieurs modes de transport et de nombreux intervenants. Chaque rupture de charge, chaque délai supplémentaire, chaque frais cumulé se répercute sur les importateurs, les exportateurs et, in fine, sur le consommateur. C'est dans ce contexte que le directeur général de l'OGEFREM a insisté sur une concertation régulière et structurée, avec la valorisation de plateformes logistiques pour mieux organiser les flux et renforcer les corridors.

Le texte ne se limite pas à formaliser les relations entre les deux institutions. Il prévoit de faire vivre le cadre : recueillir les préoccupations des entreprises, suivre les recommandations, mesurer les améliorations apportées aux procédures et aux opérations de fret. Cette logique de suivi est la partie la plus prometteuse. Elle offrirait aux opérateurs un canal institutionnel pour faire remonter les blocages, au lieu de plaintes dispersées.

Le protocole prévoit une évaluation annuelle des résultats, avec possibilité d'ajuster les mécanismes de collaboration. Il est renouvelable par tacite reconduction pour des périodes de même durée, sauf dénonciation par l'une des parties. Ces garde-fous donneront aux opérateurs des indicateurs pour juger l'efficacité du dispositif, plus sûrement que la solennité de la cérémonie.

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