"Le premier des critères est la détention d’un diplôme d’Etat. C’est le minimum incontournable."
L’Entrevue Magazine : Votre métier touche à l'intime, vous entrez dans les foyers et les bureaux. Comment préservez-vous la discrétion et la vie privée de ceux qui vous ouvrent leurs portes ?
Christelle Tuluka : Pour commencer, nos techniciens reçoivent des formations sur le respect de la vie privée et du secret professionnel ; ensuite, la relation-client nous permet de récolter leurs avis et remarques sur le comportement de nos agents. Comme je l’ai dit l’éthique et la confidentialité chez Cleaning Services ne sont pas négociables. Concernant les techniciens réticents, nous appliquons des mesures disciplinaires adaptées. C’est pourquoi nous restons constamment aux côtés du client en assurant un suivi régulier, car pour nous, sa satisfaction et son témoignage sont essentiels.
L’Entrevue Magazine : Sur quels critères sélectionnez-vous vos agents pour garantir à la fois compétence technique et intégrité morale ?
Christelle Tuluka : Le premier des critères est la détention d’un diplôme d’Etat. C’est le minimum incontournable. Puis vient les formations obligatoires que nous leur dispensons. Et enfin nous tenons des discussions qui peuvent être conviviales pendant lesquelles les superviseurs et moi-même évaluons le volet comportemental de nos collaborateurs parce qu’il arrive parfois, avec le temps, que les gens changent.
L’Entrevue Magazine : Quelles sont les « lignes rouges » ? Y a-t-il des interdits stricts auxquels vos équipes ne doivent jamais déroger durant une mission ?
Christelle Tuluka : Nous appliquons une tolérance zéro avec nos agents : il leur est strictement interdit de se plaindre auprès des clients pour des raisons personnelles ou professionnelles. C’est pourquoi nous désignons systématiquement un superviseur, afin que toute interaction liée à un problème se fasse directement entre le client et l’entreprise, et non avec le technicien. Les échanges entre le client et le technicien doivent rester limités au cadre opérationnel pendant l’exécution du travail. Toute discussion en dehors de ce cadre, qu’il s’agisse de témoignages, de gestes de reconnaissance ou de cadeaux, doit obligatoirement passer par le superviseur. Cette organisation vise à prévenir tout dérapage et à éviter une familiarité excessive.
L’Entrevue Magazine : Dressez-nous le portrait de votre clientèle : accompagnez-vous davantage les particuliers dans leur quotidien ou les entreprises dans leurs exigences professionnelles ?
Christelle Tuluka : Notre clientèle est une mosaïque composée de personnes vivant aussi bien dans les quartiers populaires que résidentiels et travaillant aussi bien au centre-ville que dans les zones commerciales. Nous sommes présents à Kinshasa et à Lubumbashi et nous avons la capacité d’assurer nos services dans n’importe quelle ville de la RDC.
L’Entrevue Magazine : De la prise de contact à la remise des clés, quels sont les processus que vous avez mis en place pour garantir un résultat irréprochable ?
Christelle Tuluka : Notre rencontre avec le client est suivi d’une visite des lieux et de l’élaboration d’un cahier de charges. Ensuite, une fois la facture validée, nous déployons nos équipes.
L’Entrevue Magazine : En tant que PME congolaise, privilégiez-vous l’usage de produits d’entretien locaux ou restez-vous dépendant des solutions importées ?
Christelle Tuluka : En ce qui concerne les produits, nous utilisons aussi bien des références locales qu’importées, tout en respectant des mesures de protection strictes telles que le port du masque et des gants. Ce recours mixte s’explique par le fait que certains produits sont disponibles uniquement à l’importation et non sur le marché local. Par ailleurs, le choix des produits utilisés lors des opérations peut varier en fonction des préférences du client et du budget qu’il souhaite consacrer.
L’Entrevue Magazine : À quels obstacles majeurs faites-vous face au quotidien dans la gestion de Cleaning Services ?
Christelle Tuluka : Comme vous le savez, la pression fiscale en RDC demeure particulièrement élevée. À cela s’ajoute un défi majeur lié au marché : nous faisons face à une concurrence intense, souvent influencée par des pratiques de sous‑commission. Lorsqu’un groupe de prospects manifeste déjà une préférence pour une marque familière, il devient extrêmement difficile de les convaincre de changer.
L’Entrevue Magazine : Où voyez-vous votre entreprise dans cinq ans ? Faut-il s'attendre à une expansion provinciale ou à l'intégration de nouvelles expertises de pointe ?
Christelle Tuluka : Notre vision s’inscrit dans une perspective de cinq à dix ans. Nous ambitionnons d’étendre nos activités en RDC et à l’international, notamment à travers le nettoyage de grands bâtiments. Parallèlement, nous renforçons la formation des techniciens de surface pour les écoles, hôpitaux et autres institutions, un processus déjà amorcé. Notre objectif est clair : rehausser la valeur de ce métier, lui conférer ses lettres de noblesse et le sortir de l’image de travail banal. C’est dans cette logique de valorisation que nous souhaitons nous positionner pour les années à venir.