L’Entrevue Magazine : Et en parlant de livraison à domicile, quel modèle d’exploitation avez-vous choisi : intégrer cette offre au sein de votre entreprise ou l’externaliser ?
Karen Kipuluka : Comme je l’ai dit, jusqu’ici, nous travaillons avec un partenaire extérieur. A la longue, nous intégrerons sans doute cette offre au sein de notre entreprise afin que toutes les livraisons puissent se faire selon nos standards. Mais pour le moment, franchement, nous voulons aussi donner la chance à ces entrepreneurs qui vendent ce service ; et ça marche bien.
L’Entrevue Magazine : Quels sont les problèmes majeurs auxquels vous avez dû faire face à ce jour ?
Karen Kipuluka : Notre plus grand problème a été la Covid. Nous avions trois succursales Maman Colonel : Bandal, GB et Ma Campagne. Mais il se fait que nous avons dû fermer celles de Bandal et de GB ; parce qu’en pleine pandémie, il fallait, d’une part, continuer de payer les collaborateurs et les taxes et, d’autre part, l’État ne nous a pas soutenu derrière. Bref, beaucoup de sociétés ont fermées. Sans oublier la concurrence des malewa qui avaient pris de l’ampleur, tout en sachant qu’eux ne payent pas d’impôts, n’ont pas autant de personnel et n’ont pas forcément de loyer commercial à payer.
Malgré cette tornade, nous avons résisté. Nous avons pu garder le resto de Ma Campagne en prenant de lourdes décisions comme la suppression de postes. Nous avons donc décider de fermer et, peut-être, se donner la chance de relancer notre expansion dans cinq ou six ans.
L’autre difficulté sont les embouteillages. Initialement, ma mère voulait que nous soyons présents dans les quartiers populaires et résidentiels ; mais nous faisons face à des embouteillages qui nous tuent indirectement. Et aujourd’hui, c’est ça notre réel problème.
L’Entrevue Magazine : Pour finir, nous aimerions assouvir notre curiosité ; et sans doute celle de certains lecteurs : quelle est l’anecdote qui donne naissance au nom Maman Colonel ?
Karen Kipuluka : L’histoire derrière le nom Maman Colonel (exclamation). Ma mère dit toujours que le nom est venu à elle. Elle ne s’est pas donner un nom parce que quand nous avons commencé, le nom était MK Bistro. La première maison, nous la louons à un colonel, paix à son âme, et, venant de la ville vers les quartiers populaires, les gens se perdaient tellement qu’ils demandaient l’adresse du bistro où l’on mangeait du poulet et les voisins rétorquaient « Ah ! chez mama colonel. » Le nom est venu à elle et ma mère s’est dit que nous allions le garder.