Un Plan directeur commun pour fluidifier les échanges
Au terme de leurs travaux, les participants ont fait de cet alignement la résolution phare de la rencontre. L'enjeu est de taille pour les opérateurs économiques de la région : les lourdeurs administratives aux postes-frontières comptent parmi les principaux freins aux échanges, et pèsent d'abord sur les entreprises de petite taille, souvent moins armées pour absorber retards et coûts supplémentaires.
La réunion a ainsi insisté sur les infrastructures frontalières, en particulier les postes-frontières à arrêt unique, ainsi que sur le financement et l'exécution des projets ferroviaires et routiers jugés prioritaires.
L'énergie, condition de la transformation locale
Les discussions ont également porté sur le développement des infrastructures énergétiques. L'objectif est de permettre la transformation locale des minerais et des produits agricoles avant leur exportation. Une orientation qui ouvre, en principe, des perspectives aux PME et aux acteurs du contenu local, appelés à intervenir plus en amont dans les chaînes de valeur plutôt que de se limiter à la vente de matières premières brutes.
Kahongya : « des indicateurs précis »
Pour accélérer la mise en œuvre de ce programme, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a plaidé pour une feuille de route assortie d'indicateurs précis, afin de mesurer l'avancement des engagements pris. Il a par ailleurs salué la mobilisation de 2 milliards d'euros par l'Union européenne.
Des réformes annoncées par Kinshasa
Devant la presse, le ministre d'État, ministre du Plan et de l'Aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a déclaré que la RDC engagerait des réformes dans le cadre de l'harmonisation du Plan directeur commun du corridor de Lobito.
Au-delà des rails, la place des PME
Le corridor de Lobito ne crée pas, à lui seul, de la richesse locale : il ouvre une voie, que chacun peut emprunter ou regarder passer. Pour les PME de la RDC, de la Zambie et de l'Angola, la question n'est donc pas seulement de savoir si les rails, les routes et les postes-frontières verront le jour, mais si elles pourront y accéder, les utiliser et en tirer parti. La transformation locale des minerais et des produits agricoles, évoquée à Lusaka, en offre le test : elle ne profitera au contenu local que si les entreprises de la région sont en mesure d'y participer, en amont comme en aval. Le Plan directeur commun et la feuille de route réclamée par Kinshasa diront si cette ambition s'inscrit dans les faits. À défaut, le corridor risque de rester ce qu'il est déjà pour beaucoup : un axe de passage plutôt qu'un levier de développement.






