Un constat sans détour
Interrogé sur l'attractivité de la RDC auprès des investisseurs de son pays, le diplomate a regretté le faible niveau des investissements russes réellement réalisés, malgré l'expertise de ses entreprises. Il a cité quatre secteurs : les mines, l'agriculture, l'agro-industrie et les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC).
Ce constat est révélateur. Les intentions affichées entre Kinshasa et Moscou sont nombreuses, mais les capitaux effectivement engagés restent modestes. L'enjeu de la rencontre n'était donc pas de proclamer une amitié, mais de combler cet écart.
Une mission économique et un stand à Moscou
Karl Tikhaze s'est dit favorable à une collaboration avec l'ANAPI pour faire connaître les opportunités d'affaires congolaises et faciliter l'implantation d'opérateurs russes. Rachel Pungu Luamba a proposé l'organisation d'une mission économique en RDC, pour que les entrepreneurs russes découvrent les opportunités, rencontrent les acteurs locaux et cernent les besoins du marché.
Elle a aussi plaidé pour un stand dédié à la RDC au forum de Moscou, animé par l'ANAPI. Les deux parties ont convenu de poursuivre leurs échanges.
Pourquoi se tourner vers Moscou ?
Kinshasa veut diversifier ses partenaires. Le gouvernement cherche à élargir son cercle d'investisseurs au-delà de ses alliés habituels. Moscou, de son côté, multiplie les rendez-vous économiques avec le continent et y voit un levier pour étendre son influence commerciale. Les secteurs évoqués répondent aux priorités congolaises : exploiter les ressources minières, nourrir une population en forte croissance et numériser l'économie.
Quelles retombées pour les entrepreneurs congolais ?
Tout se jouera sur ce point. Un investisseur étranger dans l'agro-industrie ou les NTIC ne travaille pas seul ; il lui faut des fournisseurs, des sous-traitants, des distributeurs et des prestataires sur place. Pour les PME congolaises, ces chaînes de valeur représentent donc de vrais marchés, à condition d'être repérées, structurées et en mesure de tenir les exigences de qualité et de volume.
La mission économique annoncée pourrait servir de passerelle entre investisseurs russes et opérateurs locaux. Mais sans mécanisme clair pour associer ces derniers, le risque serait de voir les capitaux entrer dans le pays sans que le tissu entrepreneurial national en profite.






