L’Entrevue Magazine : A combien s'évalue votre capacité de production mensuelle ?
Anne Kiazayadioko : Cela varie en fonction des collections, des commandes spécifiques et des périodes de l’année.
L’Entrevue Magazine : Récemment, en décembre 2024, vous avez participé à l'évènement Rhodes Africa Parade. Partagez-nous cette expérience.
Anne Kiazayadioko : Participer à la Rhodes Africa Parade a été une expérience mémorable et enrichissante. Cet événement nous a permis de mettre en lumière notre savoir-faire, de tisser des liens avec d’autres créateurs et professionnels du secteur. Cela a renforcé notre positionnement en tant que marque africaine contemporaine et ambitieuse.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à toute l’équipe de Rhodes pour leur professionnalisme exemplaire. Leur organisation irréprochable a grandement contribué à la réussite de cet événement. Nous sommes également enthousiastes à l’idée de futures collaborations qui, nous en sommes convaincus, ouvriront la voie à de nouvelles opportunités passionnantes pour la mode africaine.
L’Entrevue Magazine : Il y en a eu d'autres bien avant. Qu'est-ce que le fait de participer à ce genre de rencontre apporte à une marque ?
Anne Kiazayadioko : Ces événements sont des plateformes idéales pour observer les tendances, affiner notre vision, renforcer notre réseau professionnel et échanger avec d’autres talents. Ils nous aident également à positionner notre marque sur la scène internationale et à mieux comprendre les attentes des consommateurs.
L’Entrevue Magazine : Que dire des politiques africaines et de l'industrie textile européenne & asiatique qui vous font face ?
Anne Kiazayadioko : Nous ne voyons pas cela comme une concurrence directe. Chaque acteur évolue avec sa propre identité, ses valeurs et son marché. Notre force réside dans notre authenticité africaine, nos créations uniques et notre engagement pour une mode durable. Chacun a sa place dans ce vaste domaine qu’est la mode.
L’Entrevue Magazine : A Kinshasa, si vous vous rappelez, nous avons une école qui forme des professionnels tels que vous : l'ISAM. Mais les diplômés de cette école semblent, le plus souvent, finir au chômage, à la reconversion dans un tout autre domaine professionnel ou être relégués à de simples exécutants dans des ateliers de couture de quartier.
Anne Kiazayadioko : Personnellement je n’ai pas suivi une formation en stylisme ; étant contrôleur de gestion de formation. La couture est avant tout une passion. À ces jeunes, je dirais : vous avez un immense potentiel. Si vous avez « de l’or au bout des doigts », vous pouvez créer votre propre avenir. Avec la passion et la persévérance, il est possible de bâtir quelque chose de grand. Ne renoncez jamais à vos rêves, car ce sont eux qui nourrissent votre ambition.
L’Entrevue Magazine : D'un oeil extérieur, le climat des affaires en RDC vous pousse-t-il à envisager d'ouvrir des filiales au pays ?
Anne Kiazayadioko : Oui, la RDC est un pays plein de talents et de ressources inexploitées. Je suis de plus en plus tentée d’y établir une filiale pour non seulement valoriser les compétences locales, mais aussi contribuer au développement du secteur de la mode.
L’Entrevue Magazine : Participez-vous aussi à des formations de renforcement des capacités ?
Anne Kiazayadioko : Oui, nous sommes en plein processus. Ces formations visent à renforcer nos compétences techniques et managériales pour mieux répondre aux attentes de notre clientèle.
L’Entrevue Magazine : Quelles sont vos ambitions pour les cinq prochaines années ?
Anne Kiazayadioko : Nous aspirons à figurer dans le top 10 des marques de mode émergentes sur le continent africain. Les prochaines années seront riches en défis, mais également en couleurs, en créativité et en collaborations. Nous prévoyons de lancer de nouveaux projets ambitieux, d’étendre notre présence internationale et de continuer à bâtir une communauté fidèle et engagée autour de Kiaz Afrika.