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Daniel wa Mukina : "Nous nous tournons vers des projets agricoles, des projets d'innovation et l'industrie légère."

Longtemps plongée dans une économie extractive, la République Démocratique du Congo s’est toujours gavé le torse d’être l’un des poumons inéluctables de ce secteur à travers le monde avec ses nombreuses provinces-poules aux oeufs d’or dont parmi elles, le Haut-Katanga. Celle-ci, en tant que province minière du pays, participe à 70% de la croissance globale du PIB selon la Banque mondiale. Et soucieux de changer la donne, c’est depuis les débuts des années 2020 qu’on note les différentes actions de l’Etat congolais qui vise à diversifier son économie, notamment en rentabilisant ses 80 millions d’hectares de terre arables avec son programme d’actions du gouvernement (PAG 2024-2025) qui prévoit un financement de 6,6 milliards de Dollars Américains dans l’agriculture. À l’en croire, ceci est un sujet de taille qui embrasse toutes langues dans la communauté congolaise : jeune et vieux, tous ne parlent que d’agriculture et semblent désormais engager à actionner cet autre levier économique qui fait ses preuves sous d’autres cieux. Et l’adaptation étant déjà entonner dans les autres périphéries du territoire, c’est au tour du Haut-Katanga qui, lui aussi, veut emboîter le pas. À Lubumbashi (chef-lieu de la province), nous avons rencontré Daniel Wa Mukina qui est un entrepreneur engagé dans l’accompagnement des divers projets de société notamment Agricole. Celui-ci nous étale les contraintes liées à son domaine d’activité ainsi que les perspectives qui s’y accommodent et nous fait part particulièrement de sa passion pour le sol.

Daniel wa Mukina, PDG de DIM Business Family
Daniel wa Mukina, PDG de DIM Business Family
L’Entrevue Magazine : D'où vous est venu l'idée d'accompagner les créateurs de projet ?

Daniel wa Mukina : Après des enquêtes menées en 2020, nous avions constaté qu’en RDC 70% des jeunes qui finissent les études manquent d’emploi et se lancent dans l’entrepreneuriat sans être suffisamment outiller pour réduire les risques d’échec de leurs projets ainsi que faire face aux obstacles et contraintes au départ. Dans notre milieu, il n’y avait pas des structures solides pour servir de tremplin et de pépinière pour les porteurs projets et les startups afin d’atteindre leurs succès. C’est ainsi que nous avons développé l’idée de créer une plateforme d’accompagnement des créateurs d’entreprise et porteurs des projets.

L’Entrevue Magazine : Vers quels types de projets vous tournez-vous ?

Daniel wa Mukina : Nous nous tournons vers des projets agricoles, des projets d’innovation et l’industrie légère.

L’Entrevue Magazine : Une fois le projet arrivé à maturité, prenez-vous une part active dans sa gestion et son évolution ?

Daniel wa Mukina : Nous faisons la proposition à notre candidat et cela est fonction de notre participation dans le développement du projet. Il nous arrive de couvrir certains besoins pour le démarrage, le prototypage du projet jusqu’à la maturation.

L’Entrevue Magazine : Trois lettres : D-I-M. Quel est le concept derrière ?

Daniel wa Mukina : D : Développé. I : Illuminé. M : Magnanimité. Nous sommes une plateforme entrepreneuriale qui a pour vocation de fédérer les entrepreneurs et les visionnaires dans une synergie de Développement socioéconomique, d’Illumination positive et Magnanime.

Partant de la création des espaces de travail, de l’accompagnement des entrepreneurs et enfin nous créons un grand réseau d’entrepreneurs pour mener, ensemble, des actions de grand impact et promouvoir les projets communautaires.

"Nous offrons la location d'engins et des machine agricoles, la location de terrains agricoles et nous offrons un espace équipé pour la transformation agro-alimentaire."
L’Entrevue Magazine : Où trouvez-vous le financement pour la prise en charge de vos incubés ?

Daniel wa Mukina : Premièrement, nous avons, en interne, des activités lucratives et deux entreprises qui génèrent des revenus. Les marges bénéficiaires permettent de prendre en charge des activités de notre incubateur. Deuxièmement, nous recourrons aux partenaires qui accompagnent les projets de développement pour soutenir nos activités. Troisièmement, nous participons à des concours de levée de fonds pour renforcer nôtre capacité d’accompagnement.

L’Entrevue Magazine : Vous dites vouloir développer un écosystème entrepreneurial. De quelle façon l'intérêt et le contact sont-ils établis ? Seuls les porteurs de projets viennent vers vous ou vous approchez également certains d'entre eux afin qu'ils soient complémentaires à d'autres ?

Daniel wa Mukina : Nous avons une bonne collaboration avec les universités, les coopératives agricoles et les entreprises évoluant dans l’évènementiel ; à travers qui, nous présentons nos services et entrons en contact avec nos cibles. Mais certains porteurs de projets viennent vers nous en entendant parler de nous pour être accompagnés.

L’Entrevue Magazine : Parlez-nous de votre cabinet agricole : AGRODIM.

Daniel wa Mukina : Le cabinet AGRODIM est un bureau d’étude et d’accompagnement des agriculteurs. Nous faisons de la consultation, des formations et de l’accompagnement des PME et agriculteurs dans la production et la transformation agro-alimentaire. Nous offrons la location d’engins et machines agricoles, la location des terrains agricoles et nous offrons un espace équipé pour la transformation agro-alimentaire. Nous sous-traitons avec des fermes agropastorales dans la prestation des services et la fourniture des équipements.

L’Entrevue Magazine : Pensez-vous que le gouvernement, ou les entrepreneurs congolais, voire ceux que vous conseillez, saisissent l'importance que devrait prendre l'agriculture sur l'exploitation minière ?

Daniel wa Mukina : Oui toutes ces parties prenantes ont déjà compris l’importance que prend l’agriculture sur l’exploitation minière, mais ce qui est déplorable, c’est qu’il n’y a pas encore des actions vives pour prouver l’impact de ce secteur ; surtout dans la création d’emplois chez les jeunes et les femmes, la diversification des ressources économiques nationales et l’éradication de la malnutrition ainsi que l’insuffisance alimentaire au niveau de la RDC et de l’Afrique.

L’Entrevue Magazine : Vous avez lancé vos activités en 2017 et formalisé deux ans plus tard, combien de projets avez-vous accompagné jusqu'ici et surtout combien d'entre eux sont encore actifs ?

Daniel wa Mukina : Jusqu’à ce jour nous avons accompagné plus de 65 projets et 28 sont encore actifs à ce jour.

L’Entrevue Magazine : Pouvez-vous nous parler de Vision 90 ? Et nous dire où en êtes-vous dans son développement.

Daniel wa Mukina : Vision 90, pour ma startup, est un programme que nous avons lancé pour aider les startups oeuvrant dans l’agroalimentaire et l’innovation à se lancer sur le marché. Ce programme s’étend sur une période de 3 mois de travail intense, dans nos espaces de travail, avec des experts qualifiés pour atteindre les objectifs.

Presentement nous sommes en phase de développement d’une plateforme numérique qui va servir de suivi de nos incubés et promouvoir la levée de fonds à travers le financement participatif, les subventions et la vente d’actions.

L’Entrevue Magazine : Comment entrer en contact avec vous pour bénéficier de votre assistance ?

Daniel wa Mukina : Pour entrer en contact avec nous, vous pouvez passer à notre bureau qui se trouve sur au numéro 1 de l’avenue Président Ileo. Au coin du Boulevard Musiri, Quartier CRAA, Commune de Lubumbashi, Ville de Lubumbashi, Province du Haut Katanga, République Démocratique Du Congo. Nous appeler aux +243819394729 et +243974752884 ou bien nous écrire à dimbusinessfamily@gmail.com

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