L’Entrevue Magazine : Les codes ont été imposé ou se sont imposés sans se rendre compte de l'exclusion d'un groupe d'acteurs et de consommateurs ; et ce, dans tous les domaines au fait.
Ketty Luwenyema : Bien qu’aujourd’hui la mode grande taille soit un marché en pleine expansion, elle reste une appréciation culturelle. Pour les africains que nous sommes, le critère de volupté constitue la norme. L’exclusion existe jusqu’aux extrêmes liées à la grossophobie mais nous sommes ravis que l’industrie de la mode soit de plus en plus favorable à cette idée tels que l’ont démontré les grands couturiers européens à l’instar de Jean Paul Gaultier, Dolce et Gabbana, Michaels Kors en revelant des mannequins comme Velvet d’amour, Ashley Graam. Les réseaux sociaux ont également beaucoup contribué à la promotion de la beauté ronde avec le partages d’expériences des influences. Les grandes enseignes telles que Always, HM, Dove et bien d’autres encore s’y sont mis avec représentations de femmes rondes dans leurs spots publicitaires et cela révèle une réalité sociale.
L’Afrique n’a pas encore une industrie de mode bien structurée mais il existe des plates formes et des évènements, notamment dans les pays anglophones qui mettent en avant les femmes rondes tel le Plus Size Fashion Week Africa au Nigeria. L’Afrique du Sud, par contre, a des agences de mannequinat de grandes renommées.
L’Entrevue Magazine : Y a-t-il une forme de motivation pour les personnes rondes ; pour votre équipe ou pour vous-même que vous recherchez à travers ce schéma ?
Ketty Luwenyema : L’objectif principal est de pulvériser les idées reçues sur les personnes de fortes tailles et de promouvoir l’évolution des standards de beauté à travers une vision plus inclusive. Cela contribue à l’épanouissement personnel des femmes rondes en leur permettant de se voir sous un autre angle, loin des standards traditionnels imposés par la société.
Je reste convaincu que cela contribue à soutenir le bien-être et la confiance en soi pour cette catégorie de femmes. Nous aspirons de ce fait à un impact social positif en favorisant le changement des mentalités et en contribuant activement à la remise en question des standards de beauté ; Cela peut être une inspiration pour d’autres secteurs dans les industries créatives. Le chemin reste encore long.
L’Entrevue Magazine : A l'origine, il s'agissait d'un évènement. Puis celui-ci s'est mué en une agence pour la promotion de la beauté ronde.
Ketty Luwenyema : En effet, au départ, l’idée maîtresse était un concours de beauté ainsi qu’une télé réalité ; mais au fur et à mesure qu’elle germait, je trouvais le concept superficiel et basique tant le sujet est complexe et comporte plusieurs axes sur lesquels différentes questions pourraient être abordées. La création de l’agence était donc, à mon avis, la meilleure vitrine.
L’Entrevue Magazine : Et l'accueil n'est qu'une partie de votre offre.
Ketty Luwenyema : Nous avons élargi le pan de nos activités :
- Le service d’accueil évènementiel avec la personnalisation et la gestion de l’interaction avec les clients ;
- La promotion des produits qui consiste à la vente et à la promotion ;
- Le casting publicitaire réponds, lui, à certaines exigences de personnages de figuration dans les spots publicitaires.
Nous endossons le rôle de manager afin d’accompagner la figurante dès la négociation à l’exécution de son contrat pour veiller à ses intérêts et à ceux de l’agence. Le milieu évènementiel ayant ses réalités, nous y mettons un point d’honneur.
Le conseil en image consiste à accompagner une personne dans l’amélioration de son image personnelle et professionnelle, en mettant l’accent sur son apparence, son comportement, et sa communication.
L’Entrevue Magazine : Au-delà du beau sourire à afficher, vos équipes sont appelées à détenir des qualités relationnelles importantes. Quelle est votre approche pour répondre à cela ?
Ketty Luwenyema : Effectivement, Nos hôtesses suivent des formations en hôtellerie et en accueil pour une représentation dans tout type d’évènements (expositions, conférences, forums, festivals).
Cela nécessite des compétences en ciblage, personnalisation et la gestion de l’interaction avec les clients, la gestion efficace des ressources et une bonne planification d’horaires. Nous privilégions également la coordination d’un travail efficace en équipe pour la réussite de l’évènement.
L’Entrevue Magazine : En parlant de mannequinat, les congolaises et les congolais ont plutôt une forte carrure. Avez-vous conclu des partenariats avec des couturiers de la place pour leur permettre de présenter leurs créations ? Et pourquoi pas instaurer une tradition évènementielle comme le National Plus Size Appreciation Day aux Etats-Unis ?
Ketty Luwenyema : Nous n’avons pas encore conclu des partenariats avec les couturiers, mais nous collaborons lors de nos défilés avec certains d’entre eux. Le milieu n’étant pas encore été réglementé, avec des cadres bien définis. La plupart des collaborations sont encore conclue sur prestations. Le souhait le plus ardent est bien entendu d’en organiser de façon récurrente à l’instar des fashionweek. C’est un projet que nous avons et nous avons foi de pouvoir le réaliser.
"Il nous faut parfois hausser du ton ou rappeler nos valeurs et se faire respecter."