L’Entrevue Magazine : Kivu Paper Bag : un mix entre environnement et ingénierie ? Racontez-nous.
Promesse Sikitoka : Je suis issue d’une formation en génie civile. Le plus souvent, je recevais des demandes d’entreprises publiques et privées ; ainsi que des ONG qui sollicitaient mes services en ingénierie. Au lieu d’oeuvrer en privé, j’ai opté pour la création d’un département en la matière au sein de mon entreprise.
La particularité de ce département est qu’il porte sur l’Ingénierie Durable. Comprenez ici qu’il existe de nombreuses solutions en ingénierie qui causent, malheureusement, du tort à notre environnement. En mixant cette approche, nous apportons des solutions qui résolvent les besoins techniques et environnementaux à la fois.
L’Entrevue Magazine : Parlez-nous du processus de fabrication des sacs en papier. Du moins, ce que nous pouvons savoir.
Promesse Sikitoka : Les emballages papiers biodégradables produits par notre entreprise sont fabriqués en papier kraft.
Ces papiers sont obtenus soit par recyclage des papiers usés en fonction du taux de recyclage et impactant le coût de production et le prix de vente sur le marché, soit par des procédés industriels consistant à obtenir le kraft à partir de la sève des arbres.
Pour augmenter la valeur de nos produits, nous n’usons pas de ce dernier type de papiers pour des raisons évidentes :
- Nous préférons le premier type de papier parce qu’il augmente la valeur de nos produits.
- Le coût de production et d’acquisition des papiers est élevé.
En usant du premier type de papier, nous baissons nos charges et offrons nos produits à un prix abordable sur le marché. Nous possédons des machines qui produisent jusqu’à 450 pièces d’emballages par minute selon le format (0.5Kg à 5Kg). Actuellement, nous travaillons sur des projets pour produire des emballages pouvant contenir des charges de 8Kg, voire plus.
Je rajoute que nos produits sont de très bonne qualité. Nos machines sont intégrées d’un système de collage synthétique automatique. Pour réduire l’importation de nos produits, nous proposons que des solutions locales soient trouvées pour vendre à moindre coût nos produits.
L’Entrevue Magazine : Que dire de la concurrence et comment la surmontez-vous ?
Promesse Sikitoka : Au niveau local, nous sommes à trois ou quatre entreprises oeuvrant dans le même secteur. Mais au lieu de parler de concurrence, j’évoquerai plutôt de la collaboration. Nous sommes des entreprises soeurs qui vendent des produits quasiment aux mêmes tarifs et nous nous approvisionnons quasiment auprès des mêmes fournisseurs.
Collaboration aussi, puisque mon entreprise peut posséder une machine que les autres n’ont pas, et vice-versa. Nous profitons mutuellement des services des uns et des autres. Pour moi, la concurrence est à porter sur l’importation des emballages en plastique. D’où, à ce niveau, j’interpelle les autorités à se saisir de ce problème que fait face le secteur des emballages qui représente un marché national en terme de Billions de dollars par an sur l’étendue nationale.
Nous devons veiller à l’équilibre entre l’importation et la production locale. Pour mon entreprise, nous avons tissé des collaborations avec des clients satisfaits de nos services. Certains nous sont, d’ailleurs, fidèles depuis plus de six (6) ans.
L’Entrevue Magazine : Pour la production d'un tel travail, de quel effectif disposez-vous ?
Promesse Sikitoka : Notre personnel est composé de douze (12) personnes dont cinq femmes et sept hommes. A mes yeux, ces personnes ne sont pas des employés, mais des collaborateurs. Nous avions débuté avec elles la production des emballages biodégradables de manière artisanale avant d’affronter l’industrielle. Notre parcours commun est mémorable ! Mes collaborateurs sont tous résilients. Nous sommes affectés selon les différents services ; à savoir : le Marketing, l’Administration, l’Ingénierie et autres. Notre résilience dénote de la qualité des services à nos clients. L’augmentation du personnel est l’une de nos projections. Si tout se déroule comme prévu, elle sera effective à court terme en raison de la commande de quelques matériels pour accroître notre production.
"...j'interpelle les autorités à saisir ce problème que fait face le secteur des emballages qui représente un marché national en terme de Billions de dollars..."